Lot 10 — Fiscalité
Un euro est un euro
Qu'il vienne d'un salaire, d'un loyer ou d'un dividende. Un barème unique, une formule d'une ligne pour les entreprises, et zéro niche — un système que chacun peut calculer lui-même.
Cette page est une offre de référence. Sur la page d'accueil, un électeur a écrit ce qu'il attend d'un candidat en matière de fiscalité. Il montre ici qu'un citoyen seul, sans administration ni cabinet, peut atteindre le niveau qu'il exige des autres.
Ce n'est donc pas un programme, et ce n'est pas une exigence : c'est une démonstration. Toute proposition atteignant le même résultat par un autre moyen est recevable. Toute proposition l'atteignant mieux l'emporte.
Quatre prélèvements, quatre objets
Chaque prélèvement a une chose à financer, et une seule. On sait ce qu'on paie et à quoi ça sert.
| Prélèvement | Assiette | Ce qu'il finance |
|---|---|---|
| Cotisations patronales | Les salaires versés | Retraite, santé, chômage — les trois caisses, et rien d'autre |
| IUR | Tous les revenus des personnes | Le reste des dépenses de l'État |
| IS et TRU | La marge des entreprises | L'État et les collectivités |
| Succession | Le patrimoine transmis | Le budget général |
Le principe de l'IUR
Un euro est un euro. Salaire, loyer, dividende, plus-value, pension, revenu d'activité indépendante : la nature du revenu ne change pas le taux. Une seule assiette, un seul barème.
Les cotisations salariales disparaissent : le salaire inscrit au contrat est le salaire perçu. Le brut vaut le net.
Restent inchangés, en dehors de cette architecture : la TVA, la TICPE, les accises sur l'alcool et le tabac — fléchées vers la caisse santé du lot 7 — et les amendes.
L'IUR — l'impôt sur la personne
Impôt Universel sur le Revenu. Un barème progressif par tranches, comme celui que tout le monde connaît. Ce qui change, c'est le périmètre.
L'IUR remplace l'impôt sur le revenu, la CSG, la CRDS, les cotisations salariales, le prélèvement forfaitaire unique et l'impôt sur la fortune immobilière. Zéro niche, zéro déduction, zéro exception.
| Tranche de revenu annuel | Taux | IUR cumulé au plafond |
|---|---|---|
| Jusqu'à 12 000 € | 0 % | 0 € |
| 12 000 – 25 000 € | 15 % | 1 950 € |
| 25 000 – 50 000 € | 30 % | 9 450 € |
| 50 000 – 100 000 € | 45 % | 31 950 € |
| 100 000 – 250 000 € | 50 % | 106 950 € |
| Au-delà de 250 000 € | 60 % | taux marginal |
| Revenu annuel | IUR dû | Taux effectif |
|---|---|---|
| 12 000 € | 0 € | 0,0 % |
| 21 204 € | 1 381 € | 6,5 % |
| 26 400 € | 2 370 € | 9,0 % |
| 40 000 € | 6 450 € | 16,1 % |
| 55 000 € | 11 700 € | 21,3 % |
| 80 000 € | 22 950 € | 28,7 % |
| 120 000 € | 41 950 € | 35,0 % |
| 300 000 € | 136 950 € | 45,6 % |
| 1 000 000 € | 556 950 € | 55,7 % |
Ces montants s'obtiennent en appliquant le barème ci-dessus, tranche par tranche. Aucune hypothèse, aucun modèle : une addition. Le quotient familial est maintenu et plafonné, dans la même logique qu'aujourd'hui.
Le taux marginal de 60 % s'entend tous prélèvements compris
Dans le système actuel, un très haut revenu d'activité supporte 45 % d'impôt sur le revenu, 9,7 % de CSG-CRDS, jusqu'à 4 % de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, auxquels s'ajoutent les cotisations salariales.
Les 60 % de l'IUR remplacent l'ensemble. Le taux affiché monte, le nombre de prélèvements tombe à un.
Le taux effectif ne rejoint jamais le taux marginal : même à un million d'euros de revenu, il reste sous 56 %. C'est le propre d'un barème par tranches, et c'est ce que la courbe en pointillés montre.
CCP et CCL — l'épargne qui finance le réel
Le droit commun du capital, c'est le barème IUR. Deux régimes optionnels plafonnent le taux, à la seule condition d'un investissement productif, stable et réel.
| CCP — Compte Capital Productif | CCL — Compte Capital Local | |
|---|---|---|
| Taux IUR plafonné | 33,3 % | 25 % |
| Entreprises éligibles | PME et ETI françaises ou européennes | TPE, chiffre d'affaires inférieur à 2 M€ |
| Critère géographique | Aucun | Le département |
| Détention minimale | 3 ans | 5 ans |
| Part maximale au capital | Aucune limite | 25 % du capital |
| Remplace | Le plan d'épargne en actions | — |
Ce ne sont pas des niches — ce sont des taux de substitution
Aucun mécanisme ne permet de réduire l'assiette imposable. On paie moins uniquement en investissant durablement dans des entreprises réelles. Si la condition n'est plus remplie, le barème de droit commun s'applique.
Les cotisations patronales
Une droite continue du SMIC à 2 500 €, puis un plateau. La trappe à bas salaires disparaît.
Le mécanisme actuel allège fortement les cotisations jusqu'à environ 1,6 SMIC, puis les rétablit brutalement. Le coût d'une augmentation devient dissuasif au moment exact où elle serait due. La droite conserve l'allègement sur les bas salaires et supprime la rupture : le coût employeur progresse de façon lisse, sans seuil où il saute.
| Salaire mensuel | Taux | Coût employeur |
|---|---|---|
| 1 767 € — SMIC | 12,0 % | 1 979 € |
| 2 000 € | 22,2 % | 2 444 € |
| 2 200 € | 30,9 % | 2 880 € |
| 2 500 € | 44,0 % | 3 600 € |
| 3 000 € | 44,0 % | 4 320 € |
Le SMIC de référence est celui en vigueur ; la valeur utilisée ici est le SMIC brut mensuel de 2024. Comme le brut vaut le net, ce montant est aussi le salaire perçu.
Où va la cotisation
Le taux se répartit toujours dans les mêmes proportions entre les trois caisses, quel que soit le niveau de salaire. Au plafond de 44 %, cela donne :
Au SMIC, où le taux total est de 12 %, la même répartition donne 5,45 % pour la retraite, 5,45 % pour la santé et 1,09 % pour le chômage. Ces trois caisses sont décrites aux lots 8, 7 et 9.
IS et TRU — l'impôt sur l'entreprise
Douze prélèvements, douze assiettes, cinq collecteurs, quatre calendriers — remplacés par une formule d'une ligne.
La formule se partage entre l'État — l'IS, 65 % du produit — et les collectivités — la TRU, 35 %. La TRU remplace l'ensemble de la fiscalité locale des entreprises : les collectivités sont financées par la même assiette, sans taxe propre.
| Marge nette | Taux global | Part État | Part collectivités |
|---|---|---|---|
| 1 % | 20,5 % | 13,3 % | 7,2 % |
| 5 % | 22,5 % | 14,7 % | 7,8 % |
| 10 % | 25,0 % | 16,3 % | 8,7 % |
| 18 % | 29,0 % | 18,9 % | 10,1 % |
| 35 % | 37,5 % | 24,6 % | 12,9 % |
| 40 % et au-delà | 40,0 % | 26,0 % | 14,0 % |
La formule remplace l'IS classique, la CFE, la CVAE, la C3S, la taxe foncière professionnelle, le versement mobilité, la participation à l'effort de construction, les taxes d'apprentissage et de formation, et l'intégralité des niches sectorielles. Aucune déduction ni crédit d'impôt ne modifie l'assiette.
L'optimisation devient contre-productive
Transférer des bénéfices par des prix de transfert réduit le bénéfice réalisé en France, mais réduit aussi le chiffre d'affaires France dans les mêmes proportions. Le ratio de marge ne bouge pas, donc le taux non plus.
Délocaliser la production augmente la marge — donc l'impôt. La formule ne s'optimise pas : c'est sa seule propriété qui compte.
| Holding de plus de cinq ans | Moyenne des cinq derniers exercices, taux figé cinq ans, recalcul glissant |
|---|---|
| Holding nouvelle | Moyenne nationale de sa catégorie |
| Changement de contrôle de plus de 50 % | Retour immédiat à la moyenne nationale |
La succession
Un seul calcul sur le patrimoine du défunt, avant tout partage. Le même barème quel que soit l'héritier.
Aujourd'hui, les droits se calculent héritier par héritier, selon la part reçue et le lien de parenté. Un enfant, un neveu et un ami ne paient pas le même taux sur la même somme.
Le lien de parenté détermine qui hérite, pas combien l'État prélève. L'ordre de dévolution du code civil — conjoint, descendants, ascendants, collatéraux — ne change pas. Seul le calcul fiscal change.
Le patrimoine est réparti en trois catégories selon la nature des biens, chacune avec son abattement et son barème.
A — Usage courant
Abattement 300 000 € · 10 à 50 %Résidence principale, véhicules, mobilier, électroménager. L'abattement permet de transmettre une résidence principale de valeur moyenne sans droits.
B — Hors usage courant
Abattement 100 000 € · 10 à 60 %Liquidités, placements, assurance-vie, résidences secondaires, œuvres d'art, bijoux de valeur. L'abattement protège une épargne de précaution.
C — Professionnel
Sans abattement · 5 à 25 % sur 95 %Parts d'entreprise, terres agricoles, cabinets libéraux, fonds de commerce, brevets. Taux modérés pour ne pas forcer la vente de l'outil de travail.
| Valeur de la catégorie | A | B | C |
|---|---|---|---|
| Jusqu'à 100 000 € | 0 % | 0 % | 5 % |
| 100 000 – 300 000 € | 0 % | 10 % | 5 % |
| 300 000 – 500 000 € | 10 % | 20 % | 5 % |
| 500 000 – 1 000 000 € | 20 % | 30 % | 10 % |
| 1 – 2 M€ | 30 % | 40 % | 10 % |
| 2 – 5 M€ | 40 % | 50 % | 15 % |
| 5 – 10 M€ | 50 % | 60 % | 20 % |
| Au-delà de 10 M€ | 50 % | 60 % | 25 % |
Les taux de la catégorie C s'appliquent sur 95 % de la valeur. Les tranches propres à chaque catégorie figurent dans le mémoire technique.
Les 5 % réservés aux salariés
Sur le patrimoine professionnel, 5 % de la valeur reviennent aux salariés ayant plus de cinq ans d'ancienneté. Au choix des salariés : un versement en liquidités réparti selon l'ancienneté, ou une attribution de parts qui les rend copropriétaires à hauteur de 5 % du capital.
Le mécanisme est optionnel pour eux. Il reconnaît leur part dans ce qui se transmet, et il facilite la continuité après la transmission.
Le régime de la catégorie C remplace le pacte Dutreil. Les taux modérés jouent le rôle que jouait l'abattement, sans la condition d'engagement collectif de conservation ni la complexité qui va avec.
La transmission du capital constitué sur un CERI, décrit au lot 8, relève de la catégorie B.
Le compte final
De plus de vingt prélèvements à sept.
| Aujourd'hui | Demain |
|---|---|
| IR, CSG, CRDS, cotisations salariales, PFU, IFI | IUR — un barème unique |
| IS, CFE, CVAE, C3S, taxe foncière professionnelle, versement mobilité, taxes connexes | IS et TRU — une formule linéaire |
| Cotisations patronales et allègements associés | Une droite de 12 à 44 % |
| Droits de mutation à titre gratuit, pacte Dutreil | Trois barèmes selon la nature des biens |
| TVA | Inchangée |
| TICPE, tabac, alcool | Inchangés |
| Amendes | Inchangées |
Une déclaration par impôt
Un salarié calcule son IUR avec le barème et une addition. Un dirigeant calcule son impôt avec sa marge et une multiplication. Un héritier connaît le montant dû avant tout partage.
Quand chacun peut calculer ce qu'il paie, chacun peut débattre de ce qu'il devrait payer.
Ce qui est calculable, ce qui ne l'est pas
Cette page n'affiche que des résultats reproductibles. Ce qui demande un modèle en est absent.
Exact, vérifiable par n'importe qui
L'IUR dû sur un revenu donné. Le coût employeur d'un salaire donné. Le taux d'imposition d'une entreprise selon sa marge. Les droits dus sur un patrimoine réparti entre les trois catégories.
Ce ne sont pas des estimations : ce sont des applications des règles publiées ci-dessus. Chaque chiffre de cette page se recalcule avec les barèmes de cette page.
Demande un modèle
Le rendement total de chaque prélèvement. La comparaison ménage par ménage avec le système actuel. Le montant récupéré par la suppression des mécanismes d'optimisation.
Ces grandeurs supposent de connaître la distribution des revenus, des marges et des patrimoines, ainsi que les réactions de comportement. Elles relèvent des modèles de l'administration fiscale.
La contrainte de bouclage
Les seuils et les taux affichés sont des paramètres de calibrage. La contrainte est que la recette totale soit au moins égale à la recette actuelle, à périmètre de dépenses inchangé.
Si le barème présenté ne satisfait pas cette contrainte, ce sont les seuils et les taux qui bougent — jamais l'architecture. Un euro reste un euro, les prélèvements restent au nombre de sept, et il n'y a toujours aucune niche.
Un euro est un euro. Une déclaration par impôt. Zéro niche.