Marché n° 2027-01 — Obtention d'une voix Lot 10 sur 10 Retour au cahier des charges

Lot 10 — Fiscalité

Un euro est un euro

Qu'il vienne d'un salaire, d'un loyer ou d'un dividende. Un barème unique, une formule d'une ligne pour les entreprises, et zéro niche — un système que chacun peut calculer lui-même.

Cette page est une offre de référence. Sur la page d'accueil, un électeur a écrit ce qu'il attend d'un candidat en matière de fiscalité. Il montre ici qu'un citoyen seul, sans administration ni cabinet, peut atteindre le niveau qu'il exige des autres.

Ce n'est donc pas un programme, et ce n'est pas une exigence : c'est une démonstration. Toute proposition atteignant le même résultat par un autre moyen est recevable. Toute proposition l'atteignant mieux l'emporte.

1

Quatre prélèvements, quatre objets

Chaque prélèvement a une chose à financer, et une seule. On sait ce qu'on paie et à quoi ça sert.

PrélèvementAssietteCe qu'il finance
Cotisations patronalesLes salaires versésRetraite, santé, chômage — les trois caisses, et rien d'autre
IURTous les revenus des personnesLe reste des dépenses de l'État
IS et TRULa marge des entreprisesL'État et les collectivités
SuccessionLe patrimoine transmisLe budget général

Le principe de l'IUR

Un euro est un euro. Salaire, loyer, dividende, plus-value, pension, revenu d'activité indépendante : la nature du revenu ne change pas le taux. Une seule assiette, un seul barème.

Les cotisations salariales disparaissent : le salaire inscrit au contrat est le salaire perçu. Le brut vaut le net.

Restent inchangés, en dehors de cette architecture : la TVA, la TICPE, les accises sur l'alcool et le tabac — fléchées vers la caisse santé du lot 7 — et les amendes.

2

L'IUR — l'impôt sur la personne

Impôt Universel sur le Revenu. Un barème progressif par tranches, comme celui que tout le monde connaît. Ce qui change, c'est le périmètre.

L'IUR remplace l'impôt sur le revenu, la CSG, la CRDS, les cotisations salariales, le prélèvement forfaitaire unique et l'impôt sur la fortune immobilière. Zéro niche, zéro déduction, zéro exception.

Le barème
Tranche de revenu annuelTauxIUR cumulé au plafond
Jusqu'à 12 000 €0 %0 €
12 000 – 25 000 €15 %1 950 €
25 000 – 50 000 €30 %9 450 €
50 000 – 100 000 €45 %31 950 €
100 000 – 250 000 €50 %106 950 €
Au-delà de 250 000 €60 %taux marginal
40 000 € de revenu → 0 € + 1 950 € + 4 500 € = 6 450 € Zéro sur les 12 000 premiers euros. 15 % sur les 13 000 suivants. 30 % sur les 15 000 restants. Taux effectif : 16,1 %.
0 % 15 % 30 % 45 % 60 % 0 50 k€ 100 k€ 200 k€ 300 k€ Revenu annuel
Taux marginal — celui de la tranche Taux effectif — ce qu'on paie réellement
Ce que donne le barème — calculs exacts, reproductibles
Revenu annuelIUR dûTaux effectif
12 000 €0 €0,0 %
21 204 €1 381 €6,5 %
26 400 €2 370 €9,0 %
40 000 €6 450 €16,1 %
55 000 €11 700 €21,3 %
80 000 €22 950 €28,7 %
120 000 €41 950 €35,0 %
300 000 €136 950 €45,6 %
1 000 000 €556 950 €55,7 %

Ces montants s'obtiennent en appliquant le barème ci-dessus, tranche par tranche. Aucune hypothèse, aucun modèle : une addition. Le quotient familial est maintenu et plafonné, dans la même logique qu'aujourd'hui.

Le taux marginal de 60 % s'entend tous prélèvements compris

Dans le système actuel, un très haut revenu d'activité supporte 45 % d'impôt sur le revenu, 9,7 % de CSG-CRDS, jusqu'à 4 % de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, auxquels s'ajoutent les cotisations salariales.

Les 60 % de l'IUR remplacent l'ensemble. Le taux affiché monte, le nombre de prélèvements tombe à un.

Le taux effectif ne rejoint jamais le taux marginal : même à un million d'euros de revenu, il reste sous 56 %. C'est le propre d'un barème par tranches, et c'est ce que la courbe en pointillés montre.

3

CCP et CCL — l'épargne qui finance le réel

Le droit commun du capital, c'est le barème IUR. Deux régimes optionnels plafonnent le taux, à la seule condition d'un investissement productif, stable et réel.

CCP — Compte Capital ProductifCCL — Compte Capital Local
Taux IUR plafonné33,3 %25 %
Entreprises éligiblesPME et ETI françaises ou européennesTPE, chiffre d'affaires inférieur à 2 M€
Critère géographiqueAucunLe département
Détention minimale3 ans5 ans
Part maximale au capitalAucune limite25 % du capital
RemplaceLe plan d'épargne en actions—

Ce ne sont pas des niches — ce sont des taux de substitution

Aucun mécanisme ne permet de réduire l'assiette imposable. On paie moins uniquement en investissant durablement dans des entreprises réelles. Si la condition n'est plus remplie, le barème de droit commun s'applique.

4

Les cotisations patronales

Une droite continue du SMIC à 2 500 €, puis un plateau. La trappe à bas salaires disparaît.

Taux = 12 % au SMIC, puis + 0,0437 point par euro de salaire, plafonné à 44 % Le plafond est atteint à 2 500 € de salaire mensuel. Au-delà, le taux ne bouge plus.

Le mécanisme actuel allège fortement les cotisations jusqu'à environ 1,6 SMIC, puis les rétablit brutalement. Le coût d'une augmentation devient dissuasif au moment exact où elle serait due. La droite conserve l'allègement sur les bas salaires et supprime la rupture : le coût employeur progresse de façon lisse, sans seuil où il saute.

0 % 12 % 25 % 44 % SMIC 2 000 € 2 500 € 3 000 € Salaire mensuel
Application de la formule — calculs exacts
Salaire mensuelTauxCoût employeur
1 767 € — SMIC12,0 %1 979 €
2 000 €22,2 %2 444 €
2 200 €30,9 %2 880 €
2 500 €44,0 %3 600 €
3 000 €44,0 %4 320 €

Le SMIC de référence est celui en vigueur ; la valeur utilisée ici est le SMIC brut mensuel de 2024. Comme le brut vaut le net, ce montant est aussi le salaire perçu.

Où va la cotisation

Le taux se répartit toujours dans les mêmes proportions entre les trois caisses, quel que soit le niveau de salaire. Au plafond de 44 %, cela donne :

20 %
retraite
20 %
santé
4 %

Au SMIC, où le taux total est de 12 %, la même répartition donne 5,45 % pour la retraite, 5,45 % pour la santé et 1,09 % pour le chômage. Ces trois caisses sont décrites aux lots 8, 7 et 9.

5

IS et TRU — l'impôt sur l'entreprise

Douze prélèvements, douze assiettes, cinq collecteurs, quatre calendriers — remplacés par une formule d'une ligne.

Taux global = 20 + 0,5 × marge nette, plafonné à 40 % Marge nette = bénéfice net divisé par le chiffre d'affaires réalisé en France. Le plafond est atteint à 40 % de marge.

La formule se partage entre l'État — l'IS, 65 % du produit — et les collectivités — la TRU, 35 %. La TRU remplace l'ensemble de la fiscalité locale des entreprises : les collectivités sont financées par la même assiette, sans taxe propre.

Application de la formule — calculs exacts
Marge netteTaux globalPart ÉtatPart collectivités
1 %20,5 %13,3 %7,2 %
5 %22,5 %14,7 %7,8 %
10 %25,0 %16,3 %8,7 %
18 %29,0 %18,9 %10,1 %
35 %37,5 %24,6 %12,9 %
40 % et au-delà40,0 %26,0 %14,0 %

La formule remplace l'IS classique, la CFE, la CVAE, la C3S, la taxe foncière professionnelle, le versement mobilité, la participation à l'effort de construction, les taxes d'apprentissage et de formation, et l'intégralité des niches sectorielles. Aucune déduction ni crédit d'impôt ne modifie l'assiette.

L'optimisation devient contre-productive

Transférer des bénéfices par des prix de transfert réduit le bénéfice réalisé en France, mais réduit aussi le chiffre d'affaires France dans les mêmes proportions. Le ratio de marge ne bouge pas, donc le taux non plus.

Délocaliser la production augmente la marge — donc l'impôt. La formule ne s'optimise pas : c'est sa seule propriété qui compte.

Les holdings — le régime quinquennal
Holding de plus de cinq ansMoyenne des cinq derniers exercices, taux figé cinq ans, recalcul glissant
Holding nouvelleMoyenne nationale de sa catégorie
Changement de contrôle de plus de 50 %Retour immédiat à la moyenne nationale
6

La succession

Un seul calcul sur le patrimoine du défunt, avant tout partage. Le même barème quel que soit l'héritier.

Aujourd'hui, les droits se calculent héritier par héritier, selon la part reçue et le lien de parenté. Un enfant, un neveu et un ami ne paient pas le même taux sur la même somme.

Le lien de parenté détermine qui hérite, pas combien l'État prélève. L'ordre de dévolution du code civil — conjoint, descendants, ascendants, collatéraux — ne change pas. Seul le calcul fiscal change.

Le patrimoine est réparti en trois catégories selon la nature des biens, chacune avec son abattement et son barème.

A — Usage courant

Abattement 300 000 € · 10 à 50 %

Résidence principale, véhicules, mobilier, électroménager. L'abattement permet de transmettre une résidence principale de valeur moyenne sans droits.

B — Hors usage courant

Abattement 100 000 € · 10 à 60 %

Liquidités, placements, assurance-vie, résidences secondaires, œuvres d'art, bijoux de valeur. L'abattement protège une épargne de précaution.

C — Professionnel

Sans abattement · 5 à 25 % sur 95 %

Parts d'entreprise, terres agricoles, cabinets libéraux, fonds de commerce, brevets. Taux modérés pour ne pas forcer la vente de l'outil de travail.

Les trois barèmes
Valeur de la catégorieABC
Jusqu'à 100 000 €0 %0 %5 %
100 000 – 300 000 €0 %10 %5 %
300 000 – 500 000 €10 %20 %5 %
500 000 – 1 000 000 €20 %30 %10 %
1 – 2 M€30 %40 %10 %
2 – 5 M€40 %50 %15 %
5 – 10 M€50 %60 %20 %
Au-delà de 10 M€50 %60 %25 %

Les taux de la catégorie C s'appliquent sur 95 % de la valeur. Les tranches propres à chaque catégorie figurent dans le mémoire technique.

Les 5 % réservés aux salariés

Sur le patrimoine professionnel, 5 % de la valeur reviennent aux salariés ayant plus de cinq ans d'ancienneté. Au choix des salariés : un versement en liquidités réparti selon l'ancienneté, ou une attribution de parts qui les rend copropriétaires à hauteur de 5 % du capital.

Le mécanisme est optionnel pour eux. Il reconnaît leur part dans ce qui se transmet, et il facilite la continuité après la transmission.

Le régime de la catégorie C remplace le pacte Dutreil. Les taux modérés jouent le rôle que jouait l'abattement, sans la condition d'engagement collectif de conservation ni la complexité qui va avec.

La transmission du capital constitué sur un CERI, décrit au lot 8, relève de la catégorie B.

7

Le compte final

De plus de vingt prélèvements à sept.

Aujourd'huiDemain
IR, CSG, CRDS, cotisations salariales, PFU, IFIIUR — un barème unique
IS, CFE, CVAE, C3S, taxe foncière professionnelle, versement mobilité, taxes connexesIS et TRU — une formule linéaire
Cotisations patronales et allègements associésUne droite de 12 à 44 %
Droits de mutation à titre gratuit, pacte DutreilTrois barèmes selon la nature des biens
TVAInchangée
TICPE, tabac, alcoolInchangés
AmendesInchangées

Une déclaration par impôt

Un salarié calcule son IUR avec le barème et une addition. Un dirigeant calcule son impôt avec sa marge et une multiplication. Un héritier connaît le montant dû avant tout partage.

Quand chacun peut calculer ce qu'il paie, chacun peut débattre de ce qu'il devrait payer.

8

Ce qui est calculable, ce qui ne l'est pas

Cette page n'affiche que des résultats reproductibles. Ce qui demande un modèle en est absent.

Exact, vérifiable par n'importe qui

L'IUR dû sur un revenu donné. Le coût employeur d'un salaire donné. Le taux d'imposition d'une entreprise selon sa marge. Les droits dus sur un patrimoine réparti entre les trois catégories.

Ce ne sont pas des estimations : ce sont des applications des règles publiées ci-dessus. Chaque chiffre de cette page se recalcule avec les barèmes de cette page.

Demande un modèle

Le rendement total de chaque prélèvement. La comparaison ménage par ménage avec le système actuel. Le montant récupéré par la suppression des mécanismes d'optimisation.

Ces grandeurs supposent de connaître la distribution des revenus, des marges et des patrimoines, ainsi que les réactions de comportement. Elles relèvent des modèles de l'administration fiscale.

La contrainte de bouclage

Les seuils et les taux affichés sont des paramètres de calibrage. La contrainte est que la recette totale soit au moins égale à la recette actuelle, à périmètre de dépenses inchangé.

Si le barème présenté ne satisfait pas cette contrainte, ce sont les seuils et les taux qui bougent — jamais l'architecture. Un euro reste un euro, les prélèvements restent au nombre de sept, et il n'y a toujours aucune niche.

Un euro est un euro. Une déclaration par impôt. Zéro niche.